Tchad: une grâce présidentielle à l’opposant politique Succès Masra

Succès Masra, opposant politique du régime Déby

Tchad: une grâce présidentielle à l’opposant politique Succès Masra

Bangui 15 aout 2026—(Afrique Diplomatie): Quatre jours après avoir annoncé à la nation sa décision d’accorder une grâce à certains détenus condamnés par la justice, le Président de la République du Tchad, Mahamat Deby, est passé à l’acte.

Deux décrets ont été signés et publiés ce vendredi, consacrant d’une part une grâce présidentielle en faveur de neuf responsables politiques et, d’autre part, une remise partielle de peines au bénéfice de plusieurs catégories de détenus sur l’ensemble du territoire national.

La grâce présidentielle concerne huit responsables de l’ex-GCAP, notamment des présidents et secrétaires généraux de partis politiques, condamnés par la justice et ayant introduit une demande de grâce auprès du Chef de l’État par l’intermédiaire de leurs avocats.

Elle concerne également Succès Masra, condamné à vingt ans d’emprisonnement ainsi qu’au paiement de dommages et intérêts d’un milliard de francs CFA, qui avait lui aussi sollicité une grâce présidentielle par l’intermédiaire de ses conseils.

Ces neuf bénéficiaires devraient être libérés dès l’accomplissement des formalités administratives et judiciaires nécessaires par le ministère de la Justice.

La grâce présidentielle constitue ainsi un acte de clémence de l’État à l’égard des personnes concernées. Elle ne remet toutefois pas en cause les condamnations civiles, notamment les dommages et intérêts, qui demeurent susceptibles d’être poursuivis.

Une remise collective et partielle des peines

Le second décret institue, quant à lui, une remise collective et partielle de peines, dans la continuité de la mesure similaire prise en 2023.

Cette disposition permet à plusieurs détenus condamnés à des peines privatives de liberté de bénéficier d’une réduction de leur durée d’emprisonnement, sous réserve des exclusions prévues par le décret, notamment pour certaines infractions particulièrement graves telles que le terrorisme, le viol et les infractions liées aux stupéfiants.

Ainsi, les personnes condamnées notamment pour des faits de corruption peuvent bénéficier d’une réduction de peine, sans pour autant être concernées par une grâce présidentielle totale.

À travers ces deux mesures, le Chef de l’État entend donner une traduction concrète à son engagement annoncé il y a quelques jours, tout en distinguant clairement la grâce présidentielle, qui relève d’un acte individuel de clémence, de la remise collective de peine, qui constitue une réduction de la durée d’emprisonnement selon les conditions fixées par le décret.

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