Les États de l’AES annoncent leur retrait de la Cour pénale internationale
Bangui 11 janvier 2026–(Afrique Diplomatie) Dans une décision qui risque de redessiner les contours de la justice internationale, les trois États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), dont le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ont officiellement annoncé leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI), institution basée à La Haye chargée de juger les crimes les plus graves tels que les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide. 
Dans un communiqué conjoint publié le 22 septembre 2025, les autorités des pays de l’AES ont justifié cette décision par leur volonté d’affirmer pleinement leur souveraineté et leur profonde insatisfaction à l’égard du fonctionnement de la CPI. Les trois gouvernements estiment que la Cour s’est transformée en un « instrument de répression néocoloniale » et qu’elle ne remplit plus efficacement sa mission de lutte contre l’impunité.
Selon le communiqué, la CPI aurait fait preuve d’un « incapacité à engager et poursuivre des crimes avérés », tout en étant perçue comme une institution aux pratiques sélectives et injustes, particulièrement envers des États africains. 
La décision de ces trois pays s’inscrit dans un contexte plus large de recul des relations avec les institutions internationales occidentales. Les États de l’AES ont également quitté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au début de 2025, marquant une politique de rupture avec certaines organisations multilatérales. 
La création de l’AES elle-même, une alliance confédérale regroupant Mali, Burkina Faso et Niger, est perçue par ses dirigeants comme un projet de coopération régionale renforcée, cherchant à promouvoir leur autonomie politique et judiciaire.
Vers une justice régionale propre au Sahel ?
Alors que ces pays se désengagent de la CPI, ils ont également exprimé leur intention de développer des mécanismes judiciaires endogènes, mieux adaptés à leurs réalités sociopolitiques, pour traiter des crimes graves. Certains observateurs parlent déjà d’un projet de tribunal régional du Sahel, qui viserait à remplacer, à terme, la juridiction internationale pour les affaires sur leur territoire. 
La décision a suscité des réactions diversifiées sur le continent. Dans les populations locales, particulièrement au Burkina Faso, au Mali et au Niger, cette rupture est parfois saluée comme un acte de souveraineté et de rejet d’une justice perçue comme partiale. 
À l’international, des organisations de défense des droits humains ont exprimé des inquiétudes, estimant que ce retrait pourrait affaiblir la justice internationale et laisser un vide dans la lutte contre l’impunité pour les victimes de crimes graves.
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