Affaire Bossémbélé: le témoignage d’Éric Massi contre François Bozizé
Bangui 25 juin 2026–(Afrique Diplomatie): La Première section d’assises de la Cour pénale spéciale (CPS) a poursuivi l’examen de l’affaire dite Bossémbélé, qui oppose le Parquet spécial et les parties civiles aux accusés François Bozizé Yangouvonda, Eugène Barret Ngaïkosset, Firmin Junior Danboy et Vianney Semdiro, poursuivis pour crimes contre l’humanité.
L’audience, ouverte sous la présidence du juge Aimé Pascal Delimo, assisté des juges Émile Ndjapou et Herizo Rado Andriamanantena, ainsi que de la greffière Marie-Madeleine Touakouzou, a débuté par la lecture de l’ordonnance déclenchant la procédure de contumace à l’encontre de François Bozizé Yangouvonda.
La Cour a ensuite entendu Éric Massi, fils de l’opposant politique disparu Charles Massi. Après avoir prêté serment, le témoin a affirmé que son père avait été arrêté en décembre 2009 par des éléments tchadiens avant d’être remis aux autorités centrafricaines dans le cadre d’un échange impliquant le général Babaladé.
Selon son témoignage, la famille a été informée de cette arrestation grâce à l’aide de camp de Charles Massi, qui aurait utilisé un téléphone satellitaire pour signaler son transfert du Tchad vers la République centrafricaine. Éric Massi a déclaré avoir ensuite appris, par diverses sources, que son père aurait été détenu à Bossémbélé, où il aurait subi des actes de torture avant d’être tué.
Le témoin a notamment évoqué des informations reçues de proches, de ressortissants étrangers et de médias, faisant état de l’implication présumée de François Bozizé et d’Eugène Ngaïkosset dans les mauvais traitements infligés à son père. Il a toutefois reconnu qu’aucun corps n’avait été retrouvé à ce jour.
Parcours politique et disparition de Charles Massi
Revenant sur le parcours politique de Charles Massi, Éric Massi a rappelé que son père, fondateur du parti FODEM, avait soutenu Ange-Félix Patassé avant de rejoindre puis de s’opposer au régime de François Bozizé. Il a indiqué que Charles Massi occupait en 2009 les fonctions de coordinateur de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP).
Le témoin a également affirmé avoir été en contact avec son père quelques jours avant son arrestation. Selon lui, Charles Massi lui avait confié une mission visant à plaider auprès des autorités françaises en faveur de l’organisation d’élections libres et démocratiques en République centrafricaine.
Enfin, Éric Massi a expliqué que sa famille avait multiplié les démarches pour retrouver sa trace, en sollicitant les médias, les militants du FODEM et certaines autorités tchadiennes. Il a également évoqué plusieurs rumeurs relayées au fil des années sur les circonstances de sa mort et la disparition de son corps.
Créée en 2015, la Cour pénale spéciale est chargée d’enquêter et de juger les auteurs présumés de crimes graves commis en République centrafricaine depuis 2003. Le procès de l’affaire Bossémbélé se poursuit devant cette juridiction spécialisée.
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