Quand les poèmes de Pouchkine créent un pont culturel entre la Russie et l’Afrique

Présentation des poèmes de Pouchkine á la maison russe de Bangui

Quand les poèmes de Pouchkine créent un pont culturel entre la Russie et l’Afrique

Bangui 9 juin 2026 –(Afrique Diplomatie): Une page inédite de l’histoire culturelle centrafricaine et russo-africaine s’est écrite à Bangui à l’occasion de la célébration de l’anniversaire du célèbre poète russe Alexandre Sergueïevitch Pouchkine. La Maison Russe de Bangui a organisé le weekend dernier un concours de traduction littéraire qui a permis, pour la première fois, de rendre accessibles en langue centrafricaine le Sango plusieurs œuvres du père de la littérature russe moderne.

L’initiative vise à faire découvrir l’univers poétique de Pouchkine au public centrafricain dans sa langue nationale. Jusqu’à présent, le sango ne figurait pas parmi les quelque 210 langues du monde dans lesquelles les œuvres du poète avaient été traduites. Cette absence est désormais comblée grâce à un projet culturel qui met en lumière la richesse de la langue centrafricaine et sa capacité à porter des œuvres littéraires universelles.

Pour cette compétition, les organisateurs ont proposé aux candidats de traduire cinq poèmes emblématiques de Pouchkine, notamment Je me souviens d’un moment merveilleuxJe vous ai aiméLe Prophète et Matin d’hiverTrente-trois participants ont répondu à l’appel, témoignant d’un intérêt croissant pour la traduction littéraire et les échanges culturels entre les peuples.

Après une première sélection, dix-huit finalistes ont été retenus. L’épreuve décisive consistait à traduire un extrait de la célèbre lettre de Tatiana à Onéguine tirée du roman en vers Eugène Onéguine, considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de la littérature russe. Les traductions ont été examinées par un jury composé d’universitaires, d’enseignants et de professionnels des médias.

Selon les membres du jury, les candidats ont démontré une grande créativité et une remarquable capacité à restituer les nuances du texte original dans une langue dont la tradition littéraire écrite demeure encore limitée. Cette initiative a ainsi révélé le potentiel du sango comme langue de création et de transmission culturelle.

À l’issue du concours, trois lauréats ont été récompensés par la Maison Russe de Bangui, qui leur a remis des smartphones en guise de prix. Les organisateurs ont salué une démarche qui dépasse le simple exercice de traduction pour devenir un véritable dialogue entre les cultures.

Cette première traduction des œuvres de Pouchkine en sango constitue un événement symbolique fort. Elle illustre le rapprochement culturel entre la Russie et la République centrafricaine tout en contribuant à la valorisation de la langue nationale centrafricaine.

Elle rappelle également le lien particulier qui unit le poète à l’Afrique, Pouchkine étant connu pour ses origines africaines par son arrière-grand-père, Abram Gannibal.

Au-delà de la dimension littéraire, cette initiative ouvre la voie à de nouvelles coopérations culturelles et académiques entre les deux pays, démontrant que la poésie demeure un puissant vecteur de dialogue, de compréhension mutuelle et de rapprochement entre les peuples.

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