Vers le rapatriement des ex-combattants de la LRA de Joseph Kony
Bangui 2 avril 2026—(Afrique Diplomatie): Le gouvernement centrafricain intensifie ses efforts en faveur de la paix et de la stabilisation à travers le processus de Désarmement, Démobilisation, Réintégration, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Une réunion stratégique s’est tenue le 23 mars 2026 à l’Hôtel Ledger Plaza de Bangui, réunissant les autorités nationales, une délégation ougandaise et des partenaires internationaux.
Présidée par Jean Willybiro Sako, ministre d’État en charge du DDRR et du suivi de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR), cette rencontre s’est déroulée en présence du sous-secrétaire général au ministère de la Défense de l’Ouganda, James Mutabarazi, chef de mission, ainsi que du général Richard Otto. Elle a également impliqué des acteurs humanitaires, dont l’ONG Actions pour la Promotion Rurale (APRu) et la MINUSCA.
Une situation humanitaire préoccupante
Au cœur des échanges figurait la situation des ex-combattants de la Armée de résistance du Seigneur, notamment ceux localisés dans les régions de Bria, Ouandja-Kotto, Mboki, Satema, Obo ainsi qu’au Soudan du Sud.
Selon les données présentées, 22 personnes dont 9 femmes et 13 enfants de nationalités congolaise, ougandaise et soudanaise sont actuellement prises en charge à Bangui par l’ONG Invisible Children, en attente de rapatriement vers leurs familles.
Les participants ont souligné les défis majeurs liés à leur prise en charge, notamment sur les plans logistique, humanitaire et sécuritaire. L’accent a été mis sur la nécessité d’une approche coordonnée et inclusive pour garantir un retour sûr et une réintégration durable dans leurs communautés d’origine.
Divisions au sein des groupes affiliés à la LRA
La réunion a également mis en lumière les divisions internes parmi les partisans de Joseph Kony, certains se montrant favorables au retour en Ouganda aux côtés de son fils Salim Saleh, tandis que d’autres préfèrent rester au Soudan. Cette fragmentation complexifie davantage les efforts de désarmement et de rapatriement.
Engagements et recommandations
À l’issue des travaux, les parties prenantes ont réaffirmé leur engagement à renforcer la coopération régionale et à mobiliser les ressources nécessaires pour accélérer le processus DDRR. Elles ont également salué le rôle crucial des partenariats internationaux dans la stabilisation des zones affectées par les conflits.
Lors d’une réunion de synthèse tenue le 26 mars 2026 à l’Unité d’Exécution du Programme National DDRR (UEPNDDRR), plusieurs recommandations ont été formulées à l’endroit des ONG partenaires.
Parmi celles-ci figurent le respect strict des lois et règlements en vigueur en République centrafricaine, l’appui au processus de rapatriement volontaire des ex-combattants et des victimes de la LRA, l’organisation de missions conjointes de recensement à Ouandja-Kotto et Bria, le retour, avec leur consentement, des victimes vers leurs pays d’origine, notamment la République centrafricaine, l’Ouganda, le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo.
À travers cette dynamique, le gouvernement centrafricain et ses partenaires entendent consolider les acquis de paix et offrir une nouvelle chance aux ex-combattants, tout en favorisant la réconciliation et la cohésion sociale dans la sous-région.
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