L’Afrique exclue du sommet du G7 par la France sous pression de Trump
Pretoria 27 mars 2026—(Afrique Diplomatie): Une controverse autour de l’exclusion de l’Afrique du Sud, qui porte bien évidemment la voix de l’Afrique, du sommet du G7 d’Évian prévu du 15 au17 juin prochain, sous la présidence française, dépasse aujourd’hui l’entendement. Cette situation met en lumière un rééquilibrage brutal des rapports de force internationaux, où l’influence des États-Unis, sous l’impulsion de Donald Trump, redessine les lignes de fracture entre alliés occidentaux et puissances émergentes du Sud.
C’est tout une décision sous pression américaine d’exclure l’Afrique du Sud de ce sommet qui sera présidé par la France. Car, l’annonce de l’Élysée d’inviter le Kenya, aux côtés de l’Inde, du Brésil et de la Corée du Sud, en tant que partenaires du G7, a immédiatement suscité une vive réaction de Pretoria.
Les autorités sud-africaines accusent Washington d’avoir exercé un chantage diplomatique en menaçant de boycotter le sommet si le président sud-africain Cyril Ramaphosa y participera.
Cette posture s’inscrit dans une stratégie assumée de Donald Trump de conditionner la coopération multilatérale à des alignements politiques stricts. Le G7, historiquement espace de concertation entre grandes démocraties industrialisées, devient ainsi un terrain d’affrontement idéologique et stratégique.
Bras de fer entre Washington et Pretoria
Les tensions entre Washington et Pretoria ne datent pas d’hier, mais elles ont atteint un seuil inédit. L’administration Trump reproche notamment à l’Afrique du Sud son positionnement international jugé « hostile », en particulier son initiative devant la Cour internationale de justice contre Israël concernant la guerre à Gaza.
À cela s’ajoute une dimension idéologique plus controversée. Donald Trump s’est fait l’écho de thèses relayées par certains groupes conservateurs américains, évoquant un prétendu « génocide des Afrikaners ». Une rhétorique largement contestée, mais qui influence désormais les décisions diplomatiques américaines.
La France prise entre deux équilibres
Paris entretient des relations étroites avec Pretoria, notamment depuis la pandémie de Covid-19 et les initiatives communes sur le financement du développement. L’exclusion de Cyril Ramaphosa apparaît donc comme un recul diplomatique, voire un compromis imposé.
En choisissant le Kenya comme représentant africain, la France semble opter pour un partenaire perçu comme moins clivant aux yeux de Washington. Ce choix illustre les contraintes croissantes qui pèsent sur les puissances européennes dans leur politique africaine, souvent tiraillées entre autonomie stratégique et dépendance transatlantique.
L’Afrique face à ses divisions et à ses arbitrages
Cette affaire révèle également les fragilités de la représentation africaine sur la scène internationale. L’absence de consensus continental sur un leadership unique affaiblit la capacité du continent à peser dans les grandes enceintes mondiales.
Si l’Afrique du Sud demeure une puissance économique majeure et un acteur diplomatique influent, notamment au sein des BRICS, d’autres pays comme le Kenya apparaissent désormais comme des interlocuteurs privilégiés des puissances occidentales.
L’exclusion de Pretoria pourrait ainsi accélérer le rapprochement de l’Afrique du Sud avec d’autres pôles de puissance, notamment la Chine ou la Russie, renforçant une dynamique de fragmentation du système.
Dans ce contexte, le sommet d’Évian s’annonce moins comme un rendez-vous de coopération globale que comme un théâtre des rivalités du XXIe siècle, où chaque invitation, ou exclusion devient un signal politique majeur.
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