Le Sénégal vote une loi répressive contre l’homosexualité  

Des manifestants hostiles aux pratiques homosexuelles au Sénégal

Le Sénégal vote une loi répressive contre l’homosexualité  

Bangui 12 mars 2026 — (Afrique Diplomatie): L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, le 11 mars 2026, une loi durcissant considérablement la répression de l’homosexualité dans le pays. Ce texte, soutenu par le gouvernement, renforce les sanctions prévues dans le Code pénal et relance un débat sensible sur les droits humains et les valeurs socioculturelles en Afrique de l’Ouest. 

La nouvelle loi modifie l’article 319 du Code pénal sénégalais, qui criminalisait déjà les relations entre personnes de même sexe. Désormais, les peines encourues passent de un à cinq ans de prison à cinq à dix ans, accompagnées d’amendes pouvant atteindre 10 millions de francs CFA.  

Le texte prévoit également des sanctions contre la promotion ou le financement d’activités liées aux droits LGBT, ce qui inquiète certaines organisations de défense des droits humains. La loi a été adoptée presque à l’unanimité par les députés, avec 135 voix pour, aucune contre et seulement quelques abstentions.  

Selon plusieurs sources, cette réforme s’inscrit dans les engagements politiques portés par les nouvelles autorités sénégalaises après l’élection du président Bassirou Diomaye Faye et l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Ousmane Sonko.  

Au Sénégal, l’homosexualité est criminalisée depuis 1966 et reste largement rejetée par une grande partie de la société, sous l’influence de facteurs religieux et culturels. Les relations homosexuelles étaient déjà passibles de un à cinq ans d’emprisonnement, avant la réforme adoptée cette semaine.  

Dans le débat public, plusieurs organisations religieuses et mouvements conservateurs ont appelé à renforcer la législation, estimant qu’il s’agit de protéger les valeurs sociales et morales du pays.  

Plusieurs observateurs craignent également que ce durcissement juridique complique les programmes de santé publique, notamment la lutte contre le VIH, en poussant certaines populations à la clandestinité. 

L’adoption de cette loi s’inscrit dans une tendance observée dans plusieurs pays africains où les législations contre l’homosexualité se sont récemment renforcées. Selon différentes analyses, plus de 30 États du continent criminalisent encore les relations entre personnes de même sexe.  

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