Niger : le ministère de l’Intérieur dissout des centaines d’ONG pour non-conformité administrative
Bangui 11 janvier 2026–(Afrique Diplomatie): Le ministère nigérien de l’Intérieur a procédé à une vaste opération de dissolution d’organisations non gouvernementales (ONG) et d’associations de développement à travers le pays. La décision, entérinée par un arrêté en date du 7 janvier 2026, vise les structures jugées non conformes à la réglementation en vigueur, notamment pour défaut de production de documents comptables, malgré plusieurs mises en demeure.
Selon les autorités, cette mesure s’inscrit dans un processus d’assainissement du cadre légal de fonctionnement des organisations de la société civile. Sur plus de 3 000 ONG et associations recensées à l’échelle nationale, seules 1 809 ont été déclarées conformes et autorisées à poursuivre légalement leurs activités.
Le ministère de l’Intérieur reproche aux organisations dissoutes le non-respect d’obligations essentielles, en particulier la transmission régulière des rapports financiers et comptables. Ces documents sont exigés par les textes encadrant les ONG afin de garantir la transparence dans la gestion des ressources, souvent issues de financements publics ou de partenaires techniques et financiers.
« Plusieurs rappels et mises en demeure ont été adressés aux structures concernées, sans suite favorable », indique une source administrative, soulignant que la dissolution constitue l’ultime étape d’une procédure engagée depuis plusieurs mois.
Cette décision marque un durcissement du contrôle de l’État sur les activités des ONG et associations, dans un contexte où les autorités affichent leur volonté de mieux encadrer l’action des acteurs non étatiques. Le gouvernement estime que certaines structures existent uniquement sur le papier ou opèrent sans réelle traçabilité financière.
Pour les organisations maintenues, l’arrêté est perçu comme un signal fort. Elles sont appelées à renforcer leurs mécanismes de gouvernance, de reddition de comptes et de conformité administrative.
Du côté de la société civile, si certains acteurs reconnaissent la nécessité de lutter contre les ONG fictives, d’autres redoutent l’impact de ces dissolutions sur les actions de développement communautaire, notamment dans les zones rurales. Des appels sont déjà lancés pour plus de concertation et d’accompagnement des structures locales, souvent confrontées à des difficultés techniques pour se conformer aux exigences administratives.
Le ministère de l’Intérieur assure toutefois que les organisations dissoutes pourront, si elles le souhaitent, reconstituer leurs dossiers et solliciter une nouvelle autorisation, à condition de se conformer strictement à la réglementation en vigueur.
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